Nice
Citoyenne
Et
Altermondialiste
100% à gauche, 100%
écologiste
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O.I.N : INTERVENTION de BRUNO
DELLA SUDDA
au CONSEIL
MUNICIPAL du 29 FÉVRIER 2008
J’avais en
effet demandé pour le conseil municipal du 18
février 2008 l’inscription de l’O.I.N.
(Opération d’Intérêt
National) à l’ordre du jour, pour que le conseil
municipal débatte sur le fond et vote.
Car il faut rappeler
ici que si l’O.I.N. a été
évoquée rapidement au fil de telle ou telle
délibération en 2007, il n’y a jamais
eu de vrai débat et de vote au conseil municipal sur cette
question.
Le Préfet a
formulé la même demande que moi, et enfin on peut
débattre de l’O.I.N. sur le fond, même
dans un temps limité, et voter sur cette question.
Je ferai quatre
remarques :
- Sur
le plan démocratique,
la délibération qui nous est proposée
est en
elle-même un aveu, puisque l’on nous demande notre
avis non
pas sur l’O.I.N. elle-même, mais sur
l’E.P.A.
(Établissement Public d’Aménagement)
qui sera
amené à gérer
ultérieurement pour les
détails de cette opération ce qui aura
été
décidé par l’État sans
débat public
ni véritable concertation. Pour connaître vraiment
le
contenu de l’O.I.N., la délibération
qui nous est
proposée ne nous apprend rien. En fait, pour se faire une
idée du contenu de l’O.I.N., il faut lire et
relire
attentivement le texte du préfigurateur, en date du 10
septembre
2007 : or, ce texte que j’ai pu me procurer
n’a
même pas été porté
à la connaissance
des élus de notre conseil municipal. Je vais revenir sur ce
contenu dans quelques minutes. Monsieur le Maire, vous qui
prétendez être attaché au fait que les
prérogatives communales ne doivent pas être
dessaisies par
l’État, vous êtes servi !
Certes, vous
n’êtes pas le seul, mais vous êtes
allé il y a
quelques mois jusqu’à disputer la
paternité de
cette O.I.N. à votre concurrent politique actuel, celui que,
dans les quartiers populaires de notre ville -et je l’ai
entendu
dire encore ce matin au marché de l’Ariane- on
appelle
« Monsieur 138 000
€ » ! Et non
seulement les élus locaux et les collectivités
territoriales n’ont pas été
associées aux
décisions, mais ce qui est aussi grave sur le plan
démocratique, les populations concernées par
l’O.I.N. ont été soigneusement tenues
à
l’écart : nulle part dans le
périmètre
de l’O.I.N., les hommes et les femmes qui y vivent
n’ont
été consultés ou
associés aux
décisions qui les concernent !
- Toujours
aussi grave, et sur le plan écologique,
j’en viens maintenant au contenu concernant
l’environnement et l’aménagement du
territoire : quand on lit le rapport du
préfigurateur, il y a même quelques
considérations sympathiques sur le développement
durable, mais ce développement durable, ce n’est
que du béton peint en vert ! La preuve ?
L’O.I.N. veut imposer dans la plaine du Var la construction
d’une ville, de cinq ponts supplémentaires,
d’un nouveau port à l’embouchure du
fleuve : rien que cela, dans une zone très fragile,
et l’histoire nous le rappelle je n’insiste
pas ! A la clé, l’endiguement probable du
Var, la fin de la protection des oiseaux en zone Zyco et de
l’espace protégé
« Natura 2000 », question sur
laquelle il y a deux ans nous nous sommes affrontés,
Monsieur Lafaurie s’en souvient sûrement, dans
l’enceinte de ce conseil. L’O.I.N. ?
C’est plus de circulation, plus de routes et plus de
pollution… Quant à la préservation des
dernières terres agricoles de la plaine du Var, on peut
être très inquiet sur leur avenir : elles
sont menacées par l’O.I.N. C’est
pourquoi, avec mes amis, nous avons écrit au sujet de tous
ces éléments très dangereux pour
l’environnement et l’aménagement du
territoire, une lettre ouverte à Nicolas Hulot, et nous
attendons sa réponse. Permettez-moi d’ajouter
à ce sujet qu’on a vu il y a quelques semaines
dans Nice Matin une photographie de Monsieur Hulot en compagnie de
Monsieur « 138 000
€ », au Fort de La Rovère, pour
un projet alliant les nouvelles technologies et
l’écologie : et bien, l’O.I.N.
mérite autant d’intérêt que
le Fort de La Rovère !
- Si on
revient maintenant à la délibération
que vous nous proposez aujourd’hui, on peut faire
trois constats sur l’E.P.A. :
d’abord on nous soumet un seul projet de décret
mais pas sur l’O.I.N. à proprement parler, et
uniquement sur la mise en place de l’E.P.A. puisque
l’O.I.N. relève du Conseil
d’État ; ensuite on constate
qu’il n’y a aucune représentation
directe des communes et en particulier de la ville de Nice ;
enfin dans la liste des représentants à
l’E.P.A. il y a deux oublis majeurs (et ce n’est
pas innocent) qui sont le Ministère de
l’Agriculture et la Chambre d’Agriculture des
Alpes-Maritimes. Voilà qui est extrêmement
inquiétant !
- J’en
viens à ma quatrième remarque qui sera en
même temps ma conclusion : si je suis totalement
opposé à cette O.I.N., je suis cependant
très favorable à un
véritable aménagement de la plaine du Var,
mais cet aménagement doit impérativement
concilier démocratie, solidarités et
écologie, ce qui n’est absolument pas le cas
aujourd’hui. Et c’est d’autant plus grave
que l’O.I.N. concerne 10 000 hectares,
c’est-à-dire le double de la superficie de notre
ville, et c’est un projet qui nous engage pour les trente
années à venir ! Alors, en conclusion,
je redis ici : oui à un véritable
aménagement de la plaine du Var, mais en ce qui concerne
l’O.I.N., non merci !
A
la suite des débats sur cette
délibération et d’une longue et assez
surprenante réponse du Maire (il défend et
justifie l’O.I .N. avant de la critiquer fortement) :
-
l’élu Alternatif vote contre,
ainsi que les élu-e-s Verts et
les socialistes dissidents Mottard et
Laigle ;
-
les élus PS et PCF
s’abstiennent ;
- la droite
et l’extrême-droite
votent pour.
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